
Bâtiment administratif et restaurant d’entreprise de la Raffinerie de l’Île-de-France, actuellement plateforme TotalEnergies de Grandpuits (dossier d’Inventaire IA77050075). IVR11_20247700021NUC4A_detail (c) Stéphane Asseline, Région Île-de-France, 2024
Appel à communications des journées d’étude internationales et transdisciplinaires, Exposer l’usine : enjeux d’une mise en visibilité, XVIIIe-XXIe siècle, qui se dérouleront à Paris, en mars 2027.
Les propositions d’interventions (400 mots maximum accompagnés d’une courte biographie) sont à envoyer aux membres du comité d’organisation avant le 30 octobre 2026.
Les interventions pourront être en français ou en anglais.
Comité scientifique
Anne-Laure Carré (musée des Arts et Métiers), Olivier Cinqualbre, Julie Corteville (ministère de la Culture, service des musées de France), Élise Dubreuil (musée d’Orsay), Lionel Dufaux (musée d’Orsay), Astrid Fontaine (Universcience), Marie-Laure Griffaton (musée de l’Air et de l’Espace), Yohann Guffroy (université de Genève), Odile Lassère (musée historique de Strasbourg), Ariane Mak (université Paris-Cité, ECHELLES), Pierre Maurer (Ensa Nancy), Christophe Morin (université de Tours, InTRu), Marie Thébaud-Sorger (CNRS, Centre Alexandre Koyré).
Comité d’organisation
Liliane Hilaire-Perez (université Paris-Cité/EHESS, ECHELLES/Centre Koyré), Audrey Jeanroy (université de Tours, InTRu), Nicolas Pierrot (service Patrimoines et Inventaire de la Région Île-de-France)
Argument
Poser la question de l’exposition du « monde industriel », à travers l’emblème de l’usine, du XVIIIe siècle à nos jours revient tout d’abord à définir le cadre dans lequel un lieu (l’usine mais aussi l’atelier, la fabrique, le lieu du travail et de la production), des femmes et des hommes (ouvriers.ères, ingénieurs.es, entrepreneurs.ses), des machines, des objets manufacturés (dont le design) et des représentations (peinture, arts graphiques, estampe, photographie, vitrail, sculpture, plan, maquette, film) ont fait l’objet d’une mise en visibilité. Tout en étant conscient que toute exposition peut soutenir des images : celle d’une marque façonnée par les industriels, d’un territoire, d’une branche, d’un mécène, d’une figure ou d’une institution. Cette exposition de l’usine par la sphère culturelle, à travers l’accélérateur de visibilité qu’est l’exposition (pérenne ou temporaire) et dans le cadre institutionnel du musée, n’a jamais tenu de l’évidence. Les témoignages de conservateurs et de commissaires d’exposition, même récents, illustrent bien la difficulté de cette monstration restée marginale, hors des lieux spécialisés et du phénomène de l’innovation[1]. Une innovation dont l’histoire de la promotion compte plusieurs manifestations spécifiques et des espaces dédiés, comme les salons[2]. L’innovation et la performance ne sont toutefois pas les seuls biais d’interprétation du monde industriel, car ils ont tendance à effacer des phénomènes plus pérennes comme la copie, l’achat de brevet, la production ordinaire, l’éclatement des modes de fabrication, la coexistence technologique ou la résistance au progrès.
Notre cadre d’interrogation pour cette journée d’études est le « musée » au sens large[3], c’est-à-dire s’éloignant de son usage courant contemporain (ICOM, 24 août 2022) pour embrasser tous ses accents et situations durant les siècles de la période observée. Spécialisé ou non, éphémère ou pérenne, inséré (dans l’espace industriel par exemple) ou indépendant, transdisciplinaire ou non, le « musée » est entendu ici sur le temps long comme le lieu vitrine d’une volonté de visibiliser l’effort de rationalisation ou de mécanisation du monde, à travers l’icône qu’est l’usine. Cette réflexion intègre donc, par exemple, les musées des Beaux-Arts, les musées d’arts appliqués, les musées des arts décoratifs, les conservatoires et musées des arts et métiers, les musées de société et de civilisation, les musées d’art moderne et contemporain, les FRAC, les centres d’art, les fondations d’art, les usines reconverties en musée, les écomusées, les cités des sciences, de l’industrie et du design, les expositions régionales, internationales et universelles, les musées d’entreprises, les musées des techniques et les salons professionnels. Les musées éclatés, de sites et « hors-les-murs » sont également concernés.
De ce fait, nous nous intéressons à l’exposition de façon élargie en observant les cadres institutionnels, les lieux, les mécènes, les publics, les voix, les réseaux et transferts, les objets, machines et représentations exposés dans leur diversité, les résistances et les mécanismes d’invisibilisation, le tout à l’échelle internationale, dans le but d’esquisser un premier paysage historique de ce phénomène. Loin de figer définitivement le constat d’une sous-représentation de l’usine – et même parfois d’un refus plus global de l’industrie dans le champ culturel –, nous tenterons de réfléchir à sa place et à ses représentations dans la sphère muséale en tenant compte des différentes actions qui environnent l’exposition : prospecter, acquérir, commander, collectionner, documenter, étudier et promouvoir.
Le point commun ici recherché est dans l’image, transmise et perçue, de l’usine dans sa diversité d’installation, de programme et d’équipement. Le terme est donc entendu ici dans son épaisseur historique comme un espace construit (avec édifice ou non) ou organisé en vue d’une production, regroupant homme, force, matériaux et machine. Nous nous intéressons ainsi à toutes les représentations de l’usine – réaliste, globale, partielle, simulée, fantasmée – quelle que soit la nature du processus industriel à l’œuvre, les définitions applicables aux sites observés (architecture industrielle, bâtiment-machine, zone d’extraction comprenant des bâtiments non pérennes) ou le symbolisme associé à l’image (promotion, revendication, contestation).
Si le phénomène de l’exposition doit nécessairement appartenir à une période allant du XVIIIe siècle à nos jours, l’usine présentée peut quant-à-elle remonter à des périodes plus anciennes tout en trouvant certains échos (concentration de l’espace du travail, usage d’une force motrice, sérialité) dans le moulin, l’officine, la fabrique, la manufacture ou l’atelier. L’ancienneté des sites est en soi un enjeu de la mise en visibilité à l’époque contemporaine ; il suffit de penser par exemple à la « forge catalane » de l’Exposition internationale de Barcelone en 1929-1930, dans le contexte d’affirmation du nationalisme catalan[4]. Les reconstitutions d’usines antiques et médiévales méritent ici d’être interrogées, y compris dans leurs visées pédagogiques, comme c’est le cas pour les moulins de Barbegal au musée départemental Arles Antique.
En questionnant le musée, à la fois filtre et récepteur du monde industriel, incarné par l’usine, nous cherchons à déterminer la place de cet espace dans l’énorme production culturelle et informationnelle (musique, littérature, imprimés, arts de l’image fixe, cinéma) associée à l’industrie. Suivant les travaux de Nathalie Grande et Chantal Pierre[5] sur la littérature, nous cherchons à comprendre dans quelle mesure l’image de l’usine est fabriquée par l’exposition et par le musée. Qu’en disent-ils, cachent-ils, trahissent-ils ? Comment accompagnent-ils les évolutions, les bienfaits et les maux de phénomènes profondément ancrés dans la construction des sociétés depuis le XVIIIe siècle. Quels récits de l’industrialisation et de ses conséquences ont-ils construits ? De quels discours, notamment politiques, sont-ils l’expression ? De quoi l’usine est-elle le symbole ? De quels imaginaires est-elle l’attribut ?
Le but étant de saisir les enjeux d’un phénomène peu théorisé et pourtant soutenu, sur une période qui a déjà connu plusieurs « révolutions industrielles » : mécanisation, extractivisme, naissance et affirmation du mouvement ouvrier, colonisation, américanisation, rationalisation, automatisation, informatisation, intégration des évolutions contemporaines de l’usine au temps de la décarbonation, de l’anthropocène et du « 4.0 », de l’usine verte à l’usine réenchantée. Ceci afin d’établir comment l’image et la perception de l’usine ont évolué dans un champ parallèle à ceux de la patrimonialisation des archives de l’industrie et des sites, notamment grâce aux travaux de l’Inventaire, des Monuments historiques et de l’archéologie industrielle.
Cette journée d’études s’intéresse enfin à la scène que représente le musée, dans son acception plus contemporaine, lorsqu’il s’agit d’évoquer des thématiques allogènes à la pratique artistique : l’usine, l’industrialisation, le monde industriel dans ses lieux et artéfacts.
Nous souhaitons ici mettre en valeur des études de cas permettant de cartographier, d’historiciser et de comparer les lieux où ces thématiques et cet objet « usine » (son contenant et/ou son contenu) se développent depuis le XVIIIe siècle, de préciser les enjeux singuliers et récurrents de ces expositions, d’en saisir les périodes clés où l’exposition résonne avec des évolutions en cours et enfin d’enrichir les connaissances sur ses promoteurs. Si une approche chrono-thématique sera sans doute finalement adoptée pour le programme des deux journées, nous proposons aux intervenants plusieurs axes transversaux de réflexion :
- Histoire institutionnelle : la création mais également l’évolution de certains musées intègrent le monde industriel dans leurs thématiques privilégiées puis dans leur projet culturel et scientifique dont, par exemple, le Victoria and Albert Museum, le musée de l’Histoire allemande à Berlin, l’Union centrale des Arts décoratifs, le Centre de création industrielle, le musée d’Orsay ou l’éventail des musées de société irriguant les territoires. Le but ici n’est pas de revenir sur l’histoire de ces institutions mais de comprendre comment la thématique industrielle et l’objet usine les traversent. Quels sont les moments clés de cette affirmation ou de son refus ? Par quels concept, vocabulaire et idée cette affirmation prend-elle forme ? Quelle vision du « monde moderne » associé offrent-elles ?
- Les promoteurs et leur mobilité professionnelle :la mobilité professionnelle des conservateurs.rices, attachés.ées, chercheurs.ses et commissaires d’exposition nous intéresse particulièrement car nous postulons que ces trajectoires disent beaucoup du développement de la thématique, de son acculturation comme de son rejet. Leurs projets d’exposition peuvent ici être mis en regard avec leur enseignement, leur recherche, leur proximité avec le monde industriel/entrepreneurial ou leur formation. Nous nous intéressons également aux mécènes de la promotion de l’usine, à leur désir de monstration et aux discours qu’ils cherchent à transmettre.
- L’exposition comme projet, temps de recherche et événement :l’exposition comme événement est au centre de la journée d’études, qu’elle fut inaugurée ou restée à l’état de projet. La micro-histoire événementielle permet ici de questionner le contexte, les acteurs, le financement, la mise en œuvre, la liste d’œuvre, le discours, la scénographie, le public et la réception, immédiate et différée, de la manifestation muséale.
- Fétiche et mythe : en lien avec l’axe précédent, cet aspect interroge le statut, la valeur, la patrimonialisation et les fantasmes associés aux objets exposés et aux lieux visibilisés : l’objet/l’image devenu icône d’un monde complexe. Nous souhaitons notamment interroger le passage de l’objet manufacturé à « l’œuvre d’art » grâce au cadre du musée et à sa mise, ou non, en collection. Il s’agira ainsi de questionner le collectionnisme privé et public, le phénomène de l’acquisition et de la documentation de « l’œuvre » au sein du musée. Quels furent les obstacles ou encouragements administratifs, politiques et culturels à l’acquisition d’images ou d’objets permettant d’exposer l’univers de l’usine ?
- L’usine, un emblème ? : cet axe interroge de façon resserrée la place du bâtiment usine et de ses chaînes opératoires dans les expositions muséales en essayant de saisir la.les manière.s de montrer les sites, les édifices, les installations et les manières de produire. Quels sont les dispositifs mis en place pour rendre la complexité de sites qui évoluent dans le temps ? Comment se construit et s’émancipe l’image iconique, gravée ou dessinée puis photographique, de l’usine ? Comment ces images circulent-elles et croisent-elles des campagnes photographiques et des politiques de l’image plus larges ?
- L’artiste de l’industrie : L’une des caractéristiques de ce champ de production d’expositions est l’émergence d’une figure particulière d’artiste : l’artiste de l’industrie. Cette partie cherche à déterminer quel est le rôle du musée/de la collection dans l’ancrage historiographique de cet artiste de l’entre-deux mondes qui naît avec l’industrie et quel rôle joue le bâtiment usine (vue de l’intérieur ou de l’extérieur) dans le champ de ses représentations. Quels artistes de l’industrie (peintre, photographe, cinéaste, designer) ont déjà été mis sur le devant de la scène et lesquels restent dans leur ombre ? Quelles sont ses caractéristiques ? N’est-il qu’un observateur attentif ou doit-il participer lui-même de l’effort productif pour mériter ce qualificatif ? Quelle place ses productions hors de l’espace industriel ont-elles dans la réception de son œuvre ? Quel segment occupent-ils dans une histoire de l’art qui se renouvelle fortement depuis le début des années 2000 ? Enfin, l’ingénieur/l’inventeur, promu dans ce même cadre, ne peut-il pas être considéré comme l’autre « artiste de l’industrie » ?

Minoterie appelée Grands Moulins de Corbeil (dossier d’Inventaire IA91001069). Ancienne centrale thermique construite en 1920 et convertie en réfectoire v. 1950. Désaffecté depuis 2005. IVR11_20209100605NUC4A (c) Philippe Ayrault, Région Île-de-France, 2020.
Liste indicative d’expositions muséales au XXe siècle (non exhaustive)
« Die industrie in der Bildenden Kunst » (Kunst Museum, Essen, 1912), « Machine Art » et « Useful Household Objects under $5.00 » (MoMA, 1938), « Robert Maillart : Engineer » (MoMA, 1947), « Formes utiles » (UCAD/Pavillon de Marsan, 1949-1950), « 8 Automobiles » (MoMA, 1951), « Les Peintres témoins de leur temps : le travail » (Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 1951), « Au pays des mines » (André Fougeron, galerie Bernheim-Jeune, 1951), « Les Artistes et les usines à fer » (musée des Beaux-Arts de Liège, 1955), « Les Mines, les forges et les arts » (musée des Travaux publics, Paris, 1955), « Art et travail » (musée d’Art et d’Histoire, Genève, 1957), « Art et Travail » (Palais des Beaux-Arts, Charleroi, 1958), « Forces et rythmes de l’industrie : Reynold Arnould » (UCAD, Pavillon de Marsan, 1959), « Formes industrielles : une exposition internationale » (UCAD, Pavillon de Marsan, 1963), « Baccarat 1764-1964 » et « Christofle : 100 ans d’avant-garde de Napoléon III à nos jours » (UCAD, Pavillon de Marsan, 1964), « Forschung und Technik in der Kunst » (Bürgermeister-Ludwig-Reichert-Haus, Ludwigshafen am Rhein, 1965), « Tricentenaire de Charleroi. Maximilien Luce » (Palais des Beaux-Arts, Charleroi, 1966), « Le Musée dans l’usine : collection Peter Stuyvesant » (UCAD, Pavillon de Marsan, 1966), « Art and the Industrial Revolution » (City Art Gallery, Manchester, 1968), « Qu’est-ce que le Design ? » (UCAD, CCI, Paris, 1969-1970), « Bernhard och Hilla Becher : form genom funktion » (Moderna Museet Stockholm, Malmö, 1970), « Bolide Design : voitures de course » (UCAD, Pavillon de Marsan, 1970), « L’Usine. Travail et architecture » (CCI, Pavillon de Marsan, 1973), « Social Concern and the Worker : French Prints from 1830-1910 » (Salt Lake City, Utah Museum of Fine Arts, The Cleveland Museum of Art, Indianapolis Museum of Arts, 1973-1974), « Projects : Bernhard and Hilla Becher » (MoMA, 1975-1976), « François Bonhommé dit le Forgeron » (Musée du fer, Jarville-la-Malgrange, 1976), « La Représentation du travail : mines, forges, usines » (écomusée de la Communauté urbaine Le Creusot-Montceau-les-Mines, Château de la Verrerie, 1977), « Le travail et ses représentations » ( Maison de la Culture, Grenoble, 1978), « Architecture d’ingénieurs XIXe et XXe siècles » (CCI, Centre Pompidou, 1978-1979), « Kunst und Technik in der 20er Jahren » ( Städische Galerie im Lenbachhaus, Munich, 1980), « American Realism and the Industrial Age » (Cleveland Museum of Art, Lakewood, Kenneth C. Beck Center, Colombus, Museum of Art, 1981), « Images du travail : peintures et dessins des collections françaises » (Musée national Fernand Léger, Biot, 1985), « Lieux ? de travail » (CCI, Centre Pompidou, 1986), « L’usine et la ville. 150 ans d’urbanisme, 1836-1986 » (IFA, Paris, 1986), « L’industrie Thonet » (musée d’Orsay, 1986-1987), « Joseph Wright of Derby, 1734-1797 » (Tate Gallery, Londres, Galeries nationales du Grand Palais, Paris, The Metropolitan Museum of Art, New York, 1990), « Les Schneider, le Creusot. Une famille, une entreprise, une ville, 1836-1960 » (musée d’Orsay, 1995), « La mine en son miroir » (Musées de Saint-Étienne, 1995), « François Bonhommé, peintre témoin de la vie industrielle au XIXe siècle » (musée de l’Histoire du Fer, Jarville-le-Malgrange, 1996), « Menzel (1815-1905), la névrose du vrai » (Musée d’Orsay, Paris, National Gallery of Art, Washington, Alte Nationalgalerie, Berlin, 1997), « Paysage industriel à Vienne, d’usines en usines » (musée des Beaux-Arts et d’archéologie, Vienne, 1998), « Raymond Rochette, dessins. L’industrie source d’inspiration de l’œuvre d’art » (écomusée de la Communauté urbaine Le Creusot-Montceau-les-Mines, 1997-1998), « Des cheminées dans la plaine, 1830-1930 » (musée d’Art et d’histoire, Saint-Denis, 1998), « L’Œil, le geste et l’espace. Une histoire de la représentation du travail » (centre des Archives du monde du travail, Roubaix, 1998), « Travail et banlieue, 1880-1980 : regards d’artistes » (musée de l’Île-de-France, Sceaux, 2001), « Des plaines à l’usine : images du travail dans la peinture française de 1870 à 1914 » (musée des Beaux-Arts de Dunkerque, 2001-2002), « Die zweite Schöpfung, Bilder der industriellen Welt vom 18. Jahrhundert bis in die Gegenwart » (Deutsches Historisches Museum, Berlin, 2002), « Papetiers des Alpes » (musée Dauphinois, 2005), « Les artistes et l’usine, 1850-1950 » (musée d’Art et d’histoire, Belfort, 2009), « Feuerländer » (LVR-Industriemuseum, Oberhausen, 2010), « Félix Thiollier (1842-1914), photographies » (musée d’Orsay, 2012-2013), « Les Paris de l’industrie, 1750-1920 » (réfectoire des Cordeliers, 2014), « Le monde de Paul-Martial : les choses ordinaires » (Kunstmuseum basel, 2014), « L’art et la machine » (musée des Confluences, Lyon, 2015-2016), « Des machines au service du peuple » (Familistère de Guise, 2017), « Les villes ardentes. Art, travail, révolte 1870-1914 » (musée des Beaux-Arts de Caen, 2020), « Fourchambault et Abainville, deux forges sous le pinceau de François Bonhommé » (musée de la Faïence et des Beaux-Arts de Nevers, 2020), « Évolutions industrielles » (Cité des sciences et de l’industrie, 2022-2023), « Architecture in the Age of Industry » (salle, MoMA, New York, 2023), « Photographier l’industrie en guerre : un récit sous contrôle (1915-1919) » (ECPAD, hôtel du département, Blois, 2025), « Et voilà le travail. Une histoire sociale et urbaine du travail en banlieue » (Maison de banlieue et de l’architecture, Athis-Mons, 2025), « Les Villes travaillent, histoires de collections photographiques » (musée d’Art et d’industrie, Saint-Étienne, 2026).
Bibliographie indicative
Laurent Baridon, François Blanchetière, Sébastien Clerbois et al. (dir.), La sculpture. Une histoire technique et matérielle au temps des révolutions industrielles (19e-21e siècles), Bruxelles, CReA-Patrimoin, 2025. 303 p.
Emmanuel Bonnet, Diego Landivar et Alexandre Monnin, Héritage et fermeture : une écologie du démantèlement, Paris, éditions Divergences, 2021, 166 p.
Claudine Cartier, « Des musées d’art et d’industrie aux musées de site industriel », dans Jean-François Belhoste, Serge Benoit, Serge Chassagne et Philippe Mioche, Autour de l’industrie, histoire et patrimoine. Mélanges offerts à Denis Woronoff, Paris, CHEFF, 2004, p. 247-264.
Helen Clifford, « The myth of the maker: manufacturing networks in the London goldsmiths’trade 1750-1790 », in Kenneth Quickenden et Neal Adrian Quickenden, Silver & jewellery : production & consumption since 1750, Birmingham, University of Central England, 1995, p. 5-12.
Sophie Cras, L’œil capitaliste : musées, commerce et colonisation, Paris, Flammarion, 2026. 290 p.
Philippe Dagen, INP et École du Louvre (dir.), « Ce qu’exposer veut dire », cycle de colloques et de journées d’études, 2013-2026.
Lionel Dufaux (dir.), Le Musée des arts et métiers : guide des collections, Paris, RMN-Grand Palais, Musée des Arts et Métiers, CNAM, 2020. 205 p.
Lutz Engelskirschen « Eisen und Stahl. Ausstellungen zum Industriebild in Deutschland », in Die zweite Schöpfung, Bilder der industriellen Welt vom 18. Jahrhundert bis in die Gegenwart cat. exp. Berlin, Deutsches Historisches Museum, 2002, p. 108-113.
Keith Falconer, « The industrial heritage in Britain – the first fifty years », La revue pour l’histoire du CNRS, 14, 2006[en ligne].
Yohann Guffroy, Les traits de l’invention : production et usages du dessin d’objet technique en Angleterre au tournant du XIXe siècle, Paris, Presses des Mines, 2025. 265 p.
Florence Hachez-Leroy (dir.), « Musées et collections d’entreprises », dossier, Patrimoine industriel, CILAC n° 58, juin 2011.
Jean-Charles Leyris, « Objets de grève, un patrimoine militant », In Situ. Revue des patrimoines, 8, 2007, p. 1-18.
Harald A. Mieg et Heike Oevermann (eds), Industrial Heritage Sites in Transformation, New York, Routledge, 2014.
Harry Parker, « The neoliberal museum? Commercialization, cultural policy and exhibitions in late-twentieth century Europe », Science Museum Group, 2025. [En ligne]
Nicolas Pierrot, Les images de l’industrie en France, peintures, dessins, estampes, 1760-1870, thèse de doctorat d’Histoire, D. Woronoff et A-F. Garçon dir., 2010, 3 vol., 2010.
Gwenaële Rot et François Vatin (dir.), L’esthétique des Trente glorieuses : de la Reconstruction à la croissance industrielle, Trouville-sur-Mer, édition Librairie des musées, 2021. 295 p.
Frédéric Rousseau et Jean-François Thomas (dir.), La fabrique de l’événement, Paris, Michel Houdiard éditeur, 2009. 375 p.
Barry Turner, Beacon for change. How the 1951 Festival of Britain shaped the modern age, Londres, Aurum Press, 2011.
[1] Voir notamment le projet européen Museums and Industry: Long Histories of Collaboration (MaILHoC, 2023-2025).
[2] Nous pensons par exemple au Salon des Arts ménagers ou au Salon international de l’innovation et de la prospective en France.
[3] Bruno Brulon Soares (dir.), dossier « Defining the museum: challenges and compromises of the 21st century », Icofom Study series, n° 48-2, 2020, p. 33-50. [En ligne] https://journals.openedition.org/iss/2295
[4] Jean Cantelaube, La forge à la catalane dans les Pyrénées ariégeoises, une industrie à la montagne, XVII-XIX siècle, Toulouse, CNRS-Université de Toulouse-Le Mirail, 2005, p. 60.
[5] Nathalie Grande et Chantal Pierre-Gnassounou, Légendes noires, légendes dorées : ou comment la littérature fabrique l’histoire, XVIIe-XIXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2018. 347 p.

L’atelier de maintenance décoré par un ouvrier, s.d. [4e quart XXe siècle].
IVR11_20087700283NUC4A_2 (c) Laurent Kruszyk, Région Île-de-France, 2008.







Pratiques de fumigation et autres dispositifs de sauvetage mis en œuvre au XVIIIe siècle pour réanimer les noyés et les personnes en état de mort apparente, cercueils innovants conçus un siècle plus tard pour permettre aux enterrés vivants de se manifester et d’appeler au secours, cryogénie et greffes d’organes qui suspendent la mort ou prolongent l’existence au-delà du dernier souffle dans nos sociétés contemporaines : toutes ces techniques nous invitent à nous interroger sur l’histoire des cultures matérielles et des imaginaires qui sont censés séparer les vivants et les morts. 


