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Les chemins de Daniel Roche. Vies matérielles et vies de l’esprit – 27/28/29 nov. 2025

Programme Colloque Daniel Roche Vies matérielles, vies de l’esprit (illustration)

 

Résumés

 

 27, 28 & 29 novembre 2025

Les chemins de Daniel Roche.  Vies matérielles et vies de l’esprit

 

Jeudi 27 novembre 14h00-18h00

IMI-UTC 62 boulevard Sébastopol 75003 Paris Salle Daniel Quarante (2e étage)

13h30. Accueil

14h00. Introduction

Anthropologie historique et culture matérielle

Modération : Renata Ago (Université La Sapienza, Rome) et Jean-Pierre Lethuillier (Université Rennes2, Tempora)

  • Laurent Feller (Université Paris I Panthéon Sorbonne, Lamop) Valeur des choses et échanges non marchands au Moyen Âge
  • Gianenrico Bernasconi (Université de Neuchâtel), Aurélie Chantran (UMR 7041 ArScAn, équipe GAMMA) Les techniques de cuisson : points de vue d’historien et d’archéologue sur une pratique quotidienne
  • Olivier Jandot (CREHS, UR 4027, Université d’Artois) La chaleur du foyer : une histoire de techniques, d’énergies, d’expériences sensibles et de pratiques sociales
  • Benjamin Bothereau (Centre Alexandre-Koyré) Nuit-éclairage-société : approche matérielle et culturelle d’un objet banal
  • Isabelle Brian (Université de Lorraine, CRULH) Ce que le linge fait à la broderie

 

Vendredi 28 novembre 9h30-13h00

Université Paris Cité. Halle aux farines. Esplanade Pierre Vidal-Naquet 75103 Paris Salle 278F

9h15. Accueil

Corps, arts, sciences

Modération : Ariane Fennetaux (Sorbonne nouvelle, PRISMES) et Marie Thébaud-Sorger (CNRS, Centre Alexandre-Koyré)  

  • Guillaume Linte (CNRS / MESOPOLHIS, Aix-Marseille Université) « Humeurs vagabondes » : santé et mobilités humaines dans le premier empire colonial français
  • Daniel Jaquet (Université de Chicago, Département d’Histoire) Du harnois au corselet. Petite histoire de l’évolution des vêtements défensifs dans l’Europe de la fin du XVe au début du XVIIe siècle 
  • Suzanne Rochefort (Université de Lorraine, CRULH) Des corps à l’ouvrage. Pour une histoire incarnée des comédiens au XVIIIe siècle
  • Marie Glon (Université de Lille, Centre d’étude des arts contemporains) Corps dansant et corps de métier (Europe, XVIIIe siècle)

 

Vendredi 28 novembre 14h30-17h30

 Culture équestre, mobilités et animaux

Modération : Caroline Hodak (Université catholique de l’Ouest) et Pascal Brioist (Université de Tours, CESR)

  • Jérémy Clément (Université Paris-Nanterre, ArScAn) De Daniel Roche à Xénophon: l’Antiquité grecque au prisme de la culture équestre
  • Clothilde Noé (Université de Tours, CITERES – EMAM) (Re)penser le vêtement équin à la fin du Moyen Âge, entre matérialité et techniques
  • Catherine Herr-Laporte (ECHELLES) Les sentiers du galop : une histoire sociale de la vitesse au XVIIIe siècle
  • Laurent Brassart (Université de Lille, IRHIS) Le cheval napoléonien : les désillusions d’un idéal (1806-1815)

 

Samedi 29 novembre 9h30-13h00

Université Paris Cité. Halle aux farines. Esplanade Pierre Vidal-Naquet 75103 Paris Salle 478 F

Artisans, industrie

Modération : Catherine Verna (Université Paris 8, ArScAn) et Liliane Hilaire-Pérez (Université Paris-Cité, ECHELLES) 

  • Nicolas Monteix (Université de Rouen, GRHis) Banale matérialité des techniques de production dans l’Antiquité romaine : bilan et perspectives
  • Audrey Colonel (Université Grenoble Alpes/LARHRA), Catherine Lanoë (UVSQ, DYPAC) Reconsidérer les catégories de l’industrie et de l’artisanat aux époques moderne et contemporaine : le cas de la ganterie
  • Sébastien Pautet (ECHELLES) Savoirs vagabonds. Les Lumières techniciennes et la circulation des savoirs techniques entre Chine et Europe au XVIIIe siècle
  • Yohann Guffroy (Université de Genève) Occuper l’espace public de la technique. Étude des publications d’artisans et ingénieurs dans le Mechanic’s Magazine (1820s-1850s) 

 

Samedi 29 nov. 14h-18h

Langues, écrit, techniques

Modération : Roger Chartier (Collège de France)

  • Colin Jones (Queen Mary University) La parole, l’imprimé et la gestuelle dans les discours de Robespierre
  • Ulrike Krampl (Université de Tours, Cethis) De l’(in)utilité des langues. Outil de travail, souci de soi (France, XVIIIe siècle)
  • Isabelle Laboulais (Université de Strasbourg – SAGE / UMR 7363) Faire l’histoire d’une chose banale : les inventaires ou la vie ordinaire des bureaux

 

Débat final

Quelle histoire des pratiques ?

Modération : Stéphane Van Damme (ENS, IUF, MFO)

Claire Judde de Larivière (Université Toulouse 2), François Jarrige (Université de Bourgogne, LIR3S), Fabien Simon (Université Paris-Cité, ECHELLES)

 

COMITE ORGANISATEUR :

Gianenrico Bernasconi, Didier Boisseuil, Pascal Brioist, Guillaume Carnino, Alexandre Disser, Anne Gerritsen, Jérôme Lamy, Catherine Lanoë, Charles Parisot, Liliane Pérez, Giorgio Riello, Marie Thébaud-Sorger, Mélanie Traversier, Michèle Virol

 

PARTENAIRES INSTITUTIONNELS

GDR 2092 Techniques et production dans l’histoire

CAK, UMR 8560

ECHELLES, UMR 8264

IRAMAT-LAPA, UMR 7065

IRHiS, UMR 8529

Avec la participation de l’Université de Neuchâtel et la SFEDS.

Avec le soutien de la graduate school Humanités  et Sciences du Patrimoine – Université Paris Saclay.

Fils, nœuds, cordes, câbles – 19/21 juin 2025

 Fils, nœuds, cordes, câbles.

Histoire, anthropologie et muséologie d’un milieu technique 

Colloque

19/20/21 juin 2025

Cordes de la communauté de Calasaya, département d’Oruro, Bolivie (@ Sophie Desrosiers, 1979)

co-organisé avec le Musée national de la Marine et les Archives nationales, avec le soutien du CAK, d’ECHELLES et du CRHIA.

Au croisement des différentes disciplines représentées dans le réseau thématique CNRS 2092 “Techniques et production dans lŒ’histoire”, en collaboration avec le Musée de la Marine, cet atelier se destine à ouvrir une réflexion collective sur des artefacts qui, en tant que semi-produits et/ou produits finis, sont au cœur d’une multitude d’activités humaines. Sans ignorer la nature des matières premières mobilisées dans leur production, il s’agira davantage de scruter les gestes et les opérations de leur fabrique, les analogies de procédés, les retours d’expériences et les savoirs qui la sous-tendent. Leurs fonctionnalités, leur adaptabilité pour répondre à différentes intentions – aménager le territoire, exploiter les espaces maritimes, se vêtir, se parer… – seront aussi au centre des réflexions. En prolongement, la continuité du “milieu technique” dans lequel elles s’inscrivent conditionne leur intégration à des pratiques/activités culturelles et/ou symboliques, elles aussi centrales dans le propos de ces journées.  Aux antipodes de l’étude des activités humaines au prisme des métiers d’une part et de la définition de la technique comme science appliquée d’autre part – deux clichés persistants de l’historiographie – nous proposons ainsi une réflexion sur la technique comme expression de la pensée de synthèse, nourrie d’analogies, d’imitations, de substitutions et d’assemblages entre matériaux, artefacts, gestes, outils, procédés… Longtemps portée par l’anthropologie des techniques, cette compréhension est maintenant à l’avant-poste de recherches historiques transpériodes et globalisées sur le “milieu technique” comme constitutif de l’histoire des sociétés.  Les techniques maritimes –  bateaux cousus, corderie, art des noeuds, filets et ramendage, câbles et filins… –  seront particulièrement étudiées grâce au partenariat avec le Musée de la Marine, autorisant la tenue d’une journée dans le Centre de Conservation et de Ressources de Dugny.

Comité d’organisation : Géraldine Barron, Guillaume Carnino, Louise Contant, Sophie Desrosiers, Alexandre Disser, Liliane Hilaire-Pérez, Jérôme Lamy, Catherine Lanoë, David Plouviez, Eric Rieth, Mélanie Traversier.

19 juin 2025 – Musée national de la Marine, Palais de Chaillot

Salles d’actualités

Modération : David Plouviez (université de Nantes, CRHIA)

Accueil 9h30

Les techniques de corderie

10h-11h30

Louise Contant (Musée national de la Marine), Présentation de la recherche sur le patrimoine technique au musée national de Marine

Elise Bachelet (Musée national de la Marine), Restaurer les gréements des maquettes du Musée national de la Marine

Eric Rieth (CNRS/Musée national de la Marine), Fils, noeuds, cordages à travers une sélection de maquettes et de plans de la collection Pâris du Musée national de la Marine

Pause

11h45-13h

Modération : Alexandre Disser (CNRS, LAPA-IRAMAT)

Morgane Moëllo et Mylène Beaufils (Pôle industriel des musées de la Métropole Rouen-Normandie Le musée de la corderie Vallois, un unicum à réinventer. Relecture pluridisciplinaire d’un laboratoire patrimonial.

David Laborde et François Chapuis (Pôle industriel des musées de la Métropole Rouen-Normandie), Démonstrations de tresseuse et banc à commettre

Marius Saturnin Damolini et Vladimir Lauret (ENSCI) Corder pour jouer : aborder le cordage artisanal par le prisme de l’amusement

Pause déjeuner

14h-17h

Modération : Géraldine Barron (Université de la Côte d’Opale, ECHELLES)

Arnaud Dautricourt (Corderie de Rochefort), « Du centre d’interprétation à la production d’atelier : le matelotage » 

David Plouviez (Université de Nantes, CRHIA), « Dire et éprouver la qualité des chanvres utilisés par la marine française au XVIIIe siècle »

Giulia Boetto (Université Amu, CCJ), « Les bateaux cousus de l’Adriatique antique »

Willeke Wendrich (UCLA/Politecnico di Turino), « The movement and meaning of knots in Ancient Egypt »

 

20 juin 2025 Archives nationales – 9 Rue Guynemer. 93380 Pierrefitte-sur-Seine

Fils et filage

Modération : Liliane Pérez (UPCité, ECHELLES / EHESS, CAK)

9h30-11h

Anne-Sophie Lienhard, Alexia Raimondo (Archives nationales) Fil et nœuds dans les fonds de la sous-série F/12 des Archives nationales (titre provisoire).

Caroline Karikas (Maison Lelièvre, Paris) Les fiches couleurs du fonds Tassinari & Châtel : enjeux de conservation et de matérialité textile

Pause

11h15-12h45

Modération : Sophie Desrosiers (EHESS, CRH)

Annabel Vallard (CNRS, CASE), Laurence Douny (Humboldt-Universität zu Berlin), Suzanne Lassalle (CASE) C’est dans la boite ! Cocons, fibres, fils & tissus de soie dans les collections entomologiques (titre provisoire).

Suzanne Lassalle (CASE) Le fil des pages : tordre et teindre la soie au début du XVIe siècle

Laurence Douny (Humboldt-Universität zu Berlin) Techniques of making wild silk yarns: a multispecies approach / Les techniques de fabrication des fils de soie sauvage : une approche multi-espèces

Pause déjeuner

14h15 – 17h15

Modération : Catherine Lanoë (Université d’Orléans, POLEN)

Astrid Castres (EPHE)  « Or de Chypre, de bassin ou de masse : quelques remarques sur les fils métalliques employés en broderie à Paris au XVIe siècle »

Candice Le Guern (Univ. d’Orléans, POLEN) Fils et rubans, structurer et orner : Gestes et savoir-faire d’une marchande de modes au XVIIIe siècle

Alka Raman (UCL, Londres) From fibre to yarn: cotton spinning and the making of modernity

21 juin 2025 Université Paris Cité Esplanade Pierre Vidal-Naquet, 75013 Paris – Salle 253 E, Halle aux Farines

Fils, nœuds, câbles

9h30 – 10h30

Modération : Mélanie Traversier (Université de Lille, IRHiS)

Roger Chartier (Collège de France) Les Lettres d’une Péruvienne et les quipus des Lumières 

Flavia Carraro (Université Toulouse 2, LISST) Arnold Van Gennep et André Leroi-Gourhan : les fils et les cordes d’un malentendu technologique

Pause

10h45-13h

Fanny Guillaume-Castel (Royal College of Music, Londres) Fragilité et persistance des cordes de harpes à pédales au XVIIIe siècle (titre provisoire)

Ivan Guillot (Université Paris Est, ICMPE) De l’installation de Sébastien Erard rue du Mail à Paris en 1780 à l’Exposition universelle de 1855 : continuités et ruptures dans la métallurgie de la corde harmonique de piano 

Thibaut Maus de Rolley (UCL, Londres) Sur le fil : les cordes des funambules (XVIe-XVIIe siècles)

 

 

 

 

Les historiographies nationales des techniques. Au cœur de l’épistémologie en histoire globale des techniques

Colloque du GDR TPH

Les 28 et 29 septembre 2023 – Université Paris Cité & Musée du quai Branly – Jacques Chirac

Avec le soutien de la  Graduate School  Humanités – Sciences  du  Patrimoine de  l’Université  Paris-Saclay

L’histoire globale des techniques est un champ neuf, animé d’une forte dynamique depuis une quinzaine d’années. Les travaux récents attestent la possibilité de tirer les premiers enseignements d’une approche multi-scalaire, résolument critique de l’ethnocentrisme et soucieuse de restituer la complexité des mondes techniques sur le long terme, à l’inverse des histoires universelles qui ont longtemps dominé ce domaine d’étude.

Le but de ce colloque est de restituer la complexité des historiographies nationales des techniques. L’enjeu est notamment de saisir les logiques autant épistémiques que politiques qui ont conduit à faire du cadre national un référentiel pour comprendre les développements techniques.

Le colloque entend donc promouvoir une réflexivité qui mette à distance les catégories d’analyse forgées par les grandes fresques unifiantes et téléologiques et par les assignations nationalistes si facilement attribuées aux techniques tout en prenant ces constructions comme des objets d’analyse à part entière. Continuer la lecture de « Les historiographies nationales des techniques. Au cœur de l’épistémologie en histoire globale des techniques »

Appel à communication

Les historiographies nationales des techniques. Au cœur de l’épistémologie en histoire globale des techniques

Colloque international

Paris, 2023

 28-29 Septembre 2023

Université Paris Cité / Musée du quai Branly – Jacques Chirac

L’histoire globale des techniques est un champ neuf, animé d’une forte dynamique scientifique et organisationnelle depuis une quinzaine d’années. Les travaux collectifs et les premières synthèses publiées récemment attestent la possibilité de tirer les premiers enseignements d’une approche multi-scalaire, résolument critique de l’ethnocentrisme et soucieuse de restituer la complexité des mondes techniques sur le long terme, à l’inverse des histoires universelles qui ont longtemps dominé ce domaine d’étude. Si l’histoire globale des techniques crée une rupture épistémique, elle s’inscrit dans le sillage d’approches critiques portées par la mise en cause du diffusionnisme et des transferts techniques, des notions déployées depuis le xixe siècle – tel le paradigme de la supériorité anglaise – et amplifiées par le colonialisme et ses avatars impérialistes.

Le refus des grandes fresques diffusionnistes au profit d’un intérêt croissant pour la complexité des processus de circulation des techniques ne vise pas seulement à mettre en cause la fluidité revendiquée des processus de globalisation. Au cœur de ces approches se tient un thème structurant, la construction de régimes « technopolitiques », véritable marqueur de l’historiographie depuis une génération. Le poids des histoires nationales et le rôle des processus de reterritorialisation dans le domaine techno-scientifique, sans compter l’ampleur des investissements étatiques dans la recherche invitent à une vision dialectique des processus d’ouverture et de fermeture des frontières. S’y ajoute, sur le plan symbolique, l’instrumentalisation des héritages techniques placés au service d’une mythologie techno-nationaliste du pouvoir, dans des contextes extrêmement variés. De ce point de vue, les reconstructions ex-post autour des « traditions nationales » pour évoquer telle ou telle technique constituent un terrain d’investigation. Le récit national de la supériorité anglaise fondé sur l’héroïsation du génie inventif au cœur du concept de Révolution industrielle constitue un cas d’étude.

En ce sens, l’histoire globale des techniques entend comprendre et historiciser ces récits de mystification à la lumière d’une histoire politique des techniques capable de mettre à jour des processus complexes faits d’hybridations, de temporalités croisées, de territoires emboîtés, de polysémies et de controverses, qui imposent une variété de points de vue, de méthodes et d’outillages conceptuels pour les analyser sérieusement. Cette perspective permet, en outre, d’inclure les effets de domination (notamment coloniaux) et de résistance dans l’étude des pratiques techniques.

Le but de ce colloque est de restituer la complexité des historiographies nationales des techniques. L’enjeu est notamment de saisir les logiques autant épistémiques que politiques qui ont conduit à faire du cadre national un référentiel pour comprendre les développements techniques.

D’une part, il s’agit d’analyser le modelage des langues, des thèmes et des concepts par les impérialismes, les techno-nationalismes, que ce soit ceux inspirés des « technologies of the frontier » à l’américaine ou ceux portés par le socialisme et le matérialisme historique, mais aussi les politiques développementistes dans leur diversité. Si l’impact de l’eurocentrisme sur l’histoire des techniques dans bien des régions du monde a nourri un récit asymétrique sur la modernisation avec, pour corollaire, le « retard » des techniques non-européennes et/ou précoloniales, bien d’autres instrumentalisations ont pris place. Il convient de mettre en valeur la diversité des discours et des acteurs ayant contribué à forger un universalisme des techniques qui sert aussi bien l’expansion coloniale que des visées nationalistes, ou bien encore l’opportunisme d’entrepreneurs, et notamment le rôle des ingénieurs à la fois maîtres d’œuvre et véritables médiateurs. Il convient aussi d’interroger les luttes d’appropriation autour du génie national comme dans l’Angleterre victorienne où le culte de l’inventeur a constitué un défi de la société civile aux élites traditionnelles.

D’autre part, l’enjeu est de restituer les efforts des historien.ne.s mais aussi le rôle de groupes sociaux et tendances politiques variés pour produire des analyses contradictoires, dissonantes, y compris en Europe. Une question concerne les alternatives de gestion collective d’équipements techniques, appuyées sur des concepts tels que celui de « techniques appropriées ». Le but est de montrer comment ont pris place des analyses promouvant de nouvelles thématiques, comme l’histoire genrée et la réflexion critique en Europe de l’Est après la chute du Mur de Berlin ou explicitant la multiplicité (et la conflictualité) des trajectoires techniques et la complexité des temporalités, en lien notamment avec les social studies.

Le colloque entend donc promouvoir une réflexivité qui mette à distance les catégories d’analyse forgées par les grandes fresques unifiantes et téléologiques et par les assignations nationalistes si facilement attribuées aux techniques tout en prenant ces constructions comme des objets d’analyse à part entière.

Références bibliographiques

Arnold, David, « Europe, technology, and colonialism in the 20th century », History and Technology, vol. 21, n°1, 2005, p. 85-106.

Grace Joshua, African Motors. Technology, Gender, and the History of Development, Durham, Duke University Press, 2022.

Hilaire-Pérez Liliane, Zakharova Larissa (dir.), Les Techniques et la globalidsation au xxe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2016.

Krige John (dir.), How Knowledge Moves. Writing the Transnational History of Science and Technology, Chicago, The University of Chicago Press, 2019, p. 1-31.

MacLeod Christine, Heroes of Invention. Technology, liberalism and British identity 1750-1914, Cambridge, Cambridge University Press, 2007.

Mavhunga Clapperton Chakatetsa, What Do Science, Technology, and Innovation Mean from Africa?, Cambridge-MA, The MIT Press, 2017.

Misa Thomas J., Schot Johan, « Inventing Europe: Technology and the Hidden Integration of Europe », History and Technology, vol. 21, n° 1, 2005, p. 1-19.

Pretel David, Camprubi Lino (dir.), Technology and Globalisation. Networks of Experts in World History Cham, Palgrave Macmillan, 2018a.

van der Vleuten Erik, « Toward a Transnational History of Technology: Meanings, Promises, Pitfalls », Technology and Culture, vol. 49, n° 4, 2008, p. 974-994.

Zakharova Larissa, De Moscou aux terres les plus lointaines. Communications, politique et société en URSS, Paris, Éditions de l’EHESS, 2020.

Comité scientifique
  • Gaëlle Beaujean (musée du quai Branly – Jacques Chirac)
  • Marcos Camolezi (GDR 2092 TPH)
  • Guillaume Carnino (UTC, COSTECH)
  • Alexandre Disser (LAPA-IRAMAT)
  • Vincent Guigueno (musée du quai Branly – Jacques Chirac)
  • Liliane Hilaire-Pérez (UPCité-EHESS, ICT Les Europes dans le monde-Centre Koyré)
  • Jérôme Lamy (CNRS, CESSP)
  • Anaël Marrec (CHS/Centre François Viète)
  • Gaspard Pagès (CNRS, ARSCAN)
  • Catherine Verna (Univ. Paris 8, ARSCAN)

Call for papers

National Historiographies of Techniques. At the Epistemological Core of Global History of Techniques

International Conference

Paris, 2023

 September 28-29, 2023

Université Paris Cité / Musée du quai Branly – Jacques Chirac

Over the last fifteen years, the global history of techniques emerges as a new field of research animated by a strong scientific dynamic and endowed with organizational capabilities. Some collective works and comprehensive overviews published in recent years attest the possibility of drawing lessons from a multi-scalar approach. In contrast to the universal histories that have long dominated the history of techniques and technology, this multi-scalar approach is resolutely critical of ethnocentrism and concerned with restoring the complexity of technical worlds in long-term processes. The epistemological watershed that global history of techniques is creating is driven by critical approaches that challenge the notions of diffusionism and technical transfers promoted since the 19th century—e.g., the paradigm of English superiority—and expanded by colonialism and its imperialist avatars.

Of course, the refusal of diffusionist narratives in favor of heterogeneous processes of circulation of techniques, whose multiplicity of forms and divergences can be retraced, is not only aimed at questioning the supposed fluidity of globalization processes, whether it is a question of compatibility of national norms, inertial “path dependencies”, various instances of resistance or state control of flows. Indeed, at the heart of these approaches is the paradigm of the construction of “technopolitical” regimes, an idea that has dominated the literature for a generation, inviting us to reread transnational political processes—such as European integration for instance—in light of the history of techniques—with the ideas of a “hidden integration” and a “hidden fragmentation”.

In this sense, the global history of techniques intends to understand and historicize these narratives of mystification in the light of a political history of techniques that is capable of bringing to light complex processes of hybridization, intersecting temporalities, embedded territories, polysemies and controversies. It may also explore the effects of domination (colonial, especially) and resistance in the study of technical practices. The global history of techniques thus requires a variety of points of view, methods and conceptual tools.

This is why this deconstructive approach needs to question categories of analysis and conceptual tools, starting with the language of historians. While “technology” has become ubiquitous on a global scale and somewhat emphatically refers to the advanced technological productions of industrial societies (the “new technologies”) as opposed to traditional techniques, this meaning is rather ambiguous, and the term actually polysemic. For a long time, technology has meant the science of technique, the science of arts and manufacturing intentions, opening up the possibility of a science of human activity. This meaning faded during the 19th century, as the science of engineers, the process engineering and the meaning of technology as applied science assert themselves. By the beginning of the 20th century, “technology” was only making its way through small although active circles formed by curators of collections, philosophers, anthropologists and ethnologists who claimed “technology as a human science” and promoted a new concept, la technique, as constitutive of humanity.

This conference aims therefore at restoring the complexity of national historiographies of techniques. Its challenge is to grasp the epistemological and political logics that led to making national frameworks a reference point for understanding technical developments.

On the one hand, we shall encourage analysis of the way languages have been shaped and themes and concepts have been employed by imperialisms and techno-nationalisms, whether those inspired by American-style “technologies of the frontier” or those carried by socialism, historical materialism and contemporary developmentalist policies. If the impact of Eurocentrism on the history of techniques in many parts of the world has nourished an asymmetrical narrative on modernization with, as a corollary, the “backwardness” of non-European and/or pre-colonial techniques, many other instrumentalizations have taken place. It is important to highlight the diversity of discourses and actors that have contributed to forging the universalism of techniques that serves colonial expansions, nationalist aims, the opportunism of entrepreneurs, and in particular the role of engineers who are both coordinators and mediators. It is also fundamental to examine the struggles for the establishment of the nations’ geniuses, such as the cult of the inventor that constituted a challenge from civil society to traditional elites in Victorian England.

On the other hand, we shall revive the efforts of historians as well as the role assumed by various social groups with different political tendencies with the aim of producing contradictory and dissonant analyses, including in Europe, as Erik van der Vleuten has recently shown. It will certainly open a debate on the alternatives for collective management of technical equipment that are claimed by those who use concepts like “appropriate techniques”. We should try to determine how analyses promoting new themes have taken place—e.g., gendered history and critical reflections in Eastern Europe after the fall of the Berlin Wall —, or even to make explicit the multiplicity (and the conflictual nature) of technical trajectories and the complexity of temporalities, in particular in connection with social studies.

This conference thus intends to promote a reflexivity leading us to interrogate categories of analysis forged by the great unifying and teleological narratives and by the nationalistic assignments that can be so easily attributed to techniquess, while approaching these constructions as objects of analysis in their own right.

References

 Arnold, David, « Europe, technology, and colonialism in the 20th century », History and Technology, vol. 21, n°1, 2005, p. 85-106.

Grace Joshua, African Motors. Technology, Gender, and the History of Development, Durham, Duke University Press, 2022.

Hilaire-Pérez Liliane, Zakharova Larissa (dir.), Les Techniques et la globalidsation au xxe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2016.

Krige John (dir.), How Knowledge Moves. Writing the Transnational History of Science and Technology, Chicago, The University of Chicago Press, 2019, p. 1-31.

MacLeod Christine, Heroes of Invention. Technology, liberalism and British identity 1750-1914, Cambridge, Cambridge University Press, 2007.

Mavhunga Clapperton Chakatetsa, What Do Science, Technology, and Innovation Mean from Africa?, Cambridge-MA, The MIT Press, 2017.

Misa Thomas J., Schot Johan, « Inventing Europe: Technology and the Hidden Integration of Europe », History and Technology, vol. 21, n° 1, 2005, p. 1-19.

Pretel David, Camprubi Lino (dir.), Technology and Globalisation. Networks of Experts in World History Cham, Palgrave Macmillan, 2018a.

Riello, Giorgio, Cotton: The Fabric that made the Modern World (Cambridge: Cambridge University Press, 2013).

van der Vleuten Erik, « Toward a Transnational History of Technology: Meanings, Promises, Pitfalls », Technology and Culture, vol. 49, n° 4, 2008, p. 974-994.

Scientific Committee
  • Gaëlle Beaujean (Musée du quai Branly – Jacques Chirac)
  • Marcos Camolezi (GDR 2092 TPH)
  • Guillaume Carnino (UTC, COSTECH)
  • Vincent Guigueno (Musée du quai Branly – Jacques Chirac)
  • Liliane Hilaire-Pérez (UPCité-EHESS, ICT Les Europes dans le monde, Centre Alexandre-Koyré)
  • Jérôme Lamy (CNRS, CESSP)
  • Anaël Marrec (CHS/Centre François Viète)
  • Gaspard Pagès (CNRS, ARSCAN)
  • Catherine Verna (Univ. Paris 8, ARSCAN)

AAC Colloque “Les historiographies nationales des techniques”

Appel à communication pour le colloque du GDR « Les historiographies nationales des techniques ».

Il se tiendra à Paris les 28-29 septembre 2023.

Nous serons accueillis le 29 septembre 2023 par le musée du quai Branly-Jacques Chirac, partenaire du GDR et co-organisateur du colloque.

Envoi des résumés et CV : 20 mars 2023 à l’adresse : historio_nat.gdrtph@yahoo.com